Vous
avez écrit une thèse sur les Aveyronnais
de Paris dans les années 70, depuis les
choses ont-elles beaucoup changé dans ce
milieu ?
Il
y a eu de très gros changements. Dans les
années 80, on en était encore à
ce qui sétait passé dans les
siècles précédents. Les Aveyronnais
de Paris étaient limonadiers de père
en fils, cétait le système
familial. On prenait les employés dans
la famille, le voisinage. Les capitaux restaient
confinés à ce milieu avec le système
des tontines et les vendeurs de bières
qui prêtaient de largent. Même
si cela existe encore, les structures financières
ont complètement changé. Pour les
grosses affaires, les banques sont omniprésentes.
Beaucoup
de ces petits établissements ont disparu
avec lenvolée des prix de limmobilier,
repris par des marchands de textile ou des Mac
Do. De plus la valeur des fonds de commerce traditionnels
a quand même baissé par rapport aux
années 90-91. Voilà un monde en
pleine mutation sous les coups de boutoirs extérieurs.
Les affaires comme celles des Costes sont plutôt
exceptionnelles. Des personnages qui avaient réussi
à construire des groupes avec cinq ou six
affaires dans les années 80 sont aujourdhui
en position difficile. Ils se sont laissés
absorber par de très grosses affaires.
La tendance de fond, cest bien le dépassement
de ce milieu familial au profit de structures
financières et industrielles. (ci-dessous
un ex-bistro devenu Mac Do).