COMMUNAUTÉ
Sommaire

 

ILS SONT AVEYRONNAIS
- Claude Imbert
- Yves Censi
- JB. Bros
- Jo Petrucci
- A. Guibert
- Savignac
-I. Auguy
- U. Cancelier
- F. Lépine
- Wally
- G. Girard
-Roger Béteille

SOMMAIRE
1 - Annonces
2 - Les Amicales
3 - Du côté des expatriés
4 - Ils sont aveyronnais

 

 
> Roger Béteille, géographe, romancier -2



Quelles sont les tendances de l’économie aveyronnaise ? A commencer par l’agriculture ?
Le phénomène de concentration s’est énormément accéléré ces dernières années. L’exploitation moyenne aveyronnaise a une taille qui croît rapidement même si elle est très loin encore d’égaler ce que l’on voit ailleurs. Le sens de l’histoire va dans le sens d’une diminution du nombre d’agriculteurs même si les organisations syndicales militent pour les installations de jeunes. Il y a d’un autre côté des formes d’agriculture nouvelles qui se précisent aujourd’hui, le biologique, le développement des revenus touristiques.(ci-dessus des planteurs de tabac à Montlaur).


Justement, derrière les discours sur le terroir l’agriculture aveyronnaise ne pratique-t-elle pas une certaine surproduction dangereuse à terme pour l’environnement si l’on prend en exemple le cas de Roquefort ?
L’agriculture aveyronnaise reste à taille humaine avec des exploitations familiales qui sont sous le contrôle d’une famille. Ces exploitations sont plus adaptables aux évolutions du marché que les grandes unités qui doivent être soumises à des normes. Tout le problème est de savoir distinguer entre les grandes exploitations et celles qui relèvent du cadre familial.
Le risque pour l’environnement est ponctuel à savoir pour les exploitations qui ne sont pas mises aux normes. Mais il y a un plan départemental de mise au normes. Au bout de quelques années, le risque sera maîtrisé.

Mais il peut y avoir un risque naturel avec le réchauffement du climat et les sécheresses qui rendront alors ces normes peu sûres.
Quant à Roquefort, la production de lait de brebis a certes tendance à augmenter. Mais il y a aussi des problèmes de marché. Malheureusement, les goûts des consommateurs ont tendance à se tourner vers des fromages beaucoup plus édulcorés. Du coup, les fromages un peu typés comme le Roquefort ont des difficultés à maintenir leurs tonnages en France. En plus, le Roquefort est un fromage cher dans la conjoncture actuelle, cela rend plus vulnérable.


Et la remise en cause de la PAC ?
C’est le gros problème des agriculteurs aveyronnais qui ont une agriculture très variée donc très sensible à une modification de la PAC qui aura un fort impact sur l’agriculture aveyronnaise. Quant à l’entrée des nouveaux membres, il faut s’attendre à une concurrence très difficile.


La désertification est-elle encore à l’ordre du jour en Aveyron ?
Les villes exercent une attraction qui s’est considérablement accélérée. Les milieux ruraux sont soumis à des effets plus ou ou moins négatifs. En matière d’emploi, le ruthénois absorbe une main d’œuvre qui vient de plus en plus loin. Il en va de même pour la distribution. Le problème pour le milieu rural est de maintenir dans les bourgs-centre un “appareil commercial“ et un “appareil de services“.Si l’on ajoute le point noir de l’Aveyron, c’est-à-dire sa démographie en baisse entre chaque recensement. Le milieu rural est le premier touché.

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