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Maurice Astruc, Petit Père du Roquefort
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(janvier 2005)
Astruc, 43 ans d’histoire
de Roquefort.
Maurice
Astruc est entré à la Société
des Caves à une époque où
il y avait autant de roqueforts que de fromageries...
C’est par l’île de Beauté
qu’il a intégré Société.
En 1956, il accompagne un employé
pour une campagne de collecte de lait en
Corse. Ah, le Roquefort Corse ! «On
récoltait le lait, on le caillait
pendant une dizaine de jours. C’était
envoyé ensuite par bateau à
Marseille. » raconte Maurice
Astruc. Car à l’époque,
le roquefort était rare, presque
rationné, le lait venait aussi de
Corse, et des Pyrénées. Avec
l’augmentation exponentielle de la
production, cela a bien changé, (Lire
article Féta) désormais l’AOC
limité le rayon de production à
l’Aveyron et aux départements
voisins.
«L’origine du lait comptait
beaucoup pour le goût. On n’avait
à l’époque qu’une
souche de pénicilium roqueforti,
et cela ne prenait pas toujours. Ce n’est
que dans les années soixante que
l’on a réussi à séparer
les trois souches et à obtenir des
goûts biens différents.» Maurice
Astruc a accompagné la lente conquête
pour la qualité avec l’amélioration
de la race Lacaune ou la mise en place des
trayeuses. Et puis le maître affineur
est monté au créneau pour
témoigner auprès des consommateurs
de l’amélioration de la qualité.
«On jouait l’image de la
qualité auprès des crémiers,
mais il fallait monter au créneau
sur les grandes surfaces, qui était
devenu malheureusement un passage obligé
pour s’en sortir. J’en ai formé
des chefs de rayons fromagerie, le seul
inconvénient, est qu’ils changeaient
tout le temps.
Perrier faisait venir beaucoup de monde
pour les visites des caves. Quand Michel
Besnier, que l’on surnommait l’Ogre
de Laval est arrivé, je me suis attaché
à lui faire comprendre le sens de
Roquefort ? Je lui ai fait découvrir
la spécificité des Caves.
Un jour, je l’ai fait descendre dans
la Cave, il y avait là 50 cabanières*
en sabot et tablier, il les a regardées,
et puis il m’a dit : j’ai compris.
Maintenant, c’est autre chose, il
n’y a plus de visites dans les caves,
tout le monde est en tablier blanc. J’ai
représenté une époque.
C’est terminé.»
*Nom
donné aux employées de Roquefort
qui emballaient les pains.