> Maurice Astruc, Petit Père du Roquefort (2)
(janvier 2005)
Vers une disparition programmée de l’icône Astruc ?
Dans le dernier spot de pub pour le Roquefort
Caves Baragnaudes, largement diffusée
pendant les fêtes de fin d’année
2004, un autre homme –non moustachu-
a succédé à Maurice.
La scène se déroule toujours
dans les caves mais il est entouré
de petites fées. Ce n’est pas
non plus un acteur mais un maître
affineur, Jacky Carles, qui a vingt ans
de maison. Il va avoir fort à faire
pour s’imposer. «Moi je
n’aurai pas pu tourner cette publicité,
je ne suis pas d’accord avec l’esprit
des fées et tout ça moi je
crois au produit. Mais de toute façon,
aujourd’hui tout a changé,
c’est un autre monde, ce n’est
plus du tout celui que j’ai connu
à Roquefort.» confie Maurice
qui n’a jamais vraiment goûté
l’esbroufe publicitaire. On retrouve
là son caractère entier et
bourru.
Et c’est vrai que peu à peu
l’image de Maurice Astruc disparaît.
«Nous continuons d’utiliser
l'image de M.Astruc sur la marque "mère"
Société moins souvent parce
que M. Astruc est à la retraite depuis
5 ans. Ce n'est donc pas pour une raison
stratégique.» explique-t-on
chez Société. Il est vrai
qu’entre les dizaines de camions,
les peintures murales, et les milliers d’autres
supports, une opération d'iconoclastie
“astrucienne“ ne peut se concevoir
en un jour.
Et pourtant aujourd’hui, encore, le
pouvoir d’image de Maurice est intact.
Les VIP le demandent, pour faire la visite
des caves.
Astruc
une bonne opération pour Lactalis
On imagine que Maurice, avec une telle contribution
durant des années à la cause du Roquefort
et aux marges de Lactalis, a du toucher quelques
picaillons. « Je touchais mon salaire de chef
de caves avec quelques primes. » En bon Aveyronnais,
le père Astruc n’en dit pas beaucoup
sur ses émoluments publicitaires, «
c’est beaucoup moins de 100 000 francs».
On l’a fait voyager dans le monde. De quoi
faire sourire n’importe quel professionnel
de la com. Et de fait sa carrière publicitaire
continue. C’est un peu comme si Claudia Schiffer,
avait été responsable de la production
de mascara chez l’Oréal et qu’on
l’avait fait tourner quelques pubs en lui
versant quelques primes. En tout cas un bel exemple
de désintéressement, dans cette époque
de vénalité débridée,
où l’on voit le personnage central
d’un documentaire réclamé son
dû après le succès commercial
du documentaire Etre et Avoir.