> Maurice Astruc, Petit Père du Roquefort
(janvier 2005)
Ses
bacchantes rouergates resteront longtemps
gravées dans les mémoires.
Mère Denis, mise à part, rarement
la pub aura affiché une telle “tronche“
capable de symboliser les vertus de l’expérience,
du savoir-faire et de la tradition. Une
tronche aveyronnaise, et surtout une icône
providentielle pour les hommes du marketing,
puisque capable de faire vendre.
Mais Maurice Astruc n’a pas été
qu’une image. Sa bouille bourrue exprimait
réellement ses valeurs et son savoir-faire
assurée par 40 d’expérience
dans les caves de Roquefort Société.
Les
principaux actionnaires de la Société
des Caves, Crédit Agricole, Perrier
et enfin Besnier devenu Lactalis, ont vite
perçu la puissance du symbole. Du
coup, dans les années 90, son effigie
s’est déclinée par millions
sur tous les supports, pubs tv, affiches,
emballages, camions. Ce n’était
pas le Petit père des Peuples mais
le Petit Père du Roquefort. Le Conseil
général d’Aveyron, a
aussi recouru à l’icône.
Maurice Astruc n’était pas
un mannequin. Il était vraiment un
ambassadeur du Roquefort, un garant de sa
qualité. Il allait sur le terrain,
faire les démonstrations aux fromagers
ou aux grandes surfaces ou chez les grands
noms de la gastronomie. «Un matin
en faisant une démonstration devant
l’étal d’un fromager
parisien, une dame m’a demandé,
comment moi un comédien, je pouvais
être obligé de faire déguster
des tartines de Roquefort si tôt le
matin. Ca m’a bien fait rigoler !
» En bon Aveyronnais, ce type n’a
jamais pris la grosse tête, il est
resté fidèle à son
caractère d’Aveyronnais, estimé
et apprécié par ses collègues
pour sa sympathie et ses décisions,
car son métier, c’était
d’abord chef de Caves et Maître
d'affinage.